Albion 2012

Emergence d’un spécialiste.

Pour cette troisième participation des « kickers » aux 24h du plateau d’Albion, 4 trottinettes étaient présentes.
C’est sous une chaleur caniculaire qu’une quarantaine de vélos couchés, vélos droits et trottinettes se sont lancés samedi 18 août
dès 10 h à l’assaut de ces 24h. Le circuit, au pied du mont Ventoux faisait 5400 m. Plein de relances, de faux plats et de virages en épingle, le tracé n’a vraiment laissé aucune place à la farniente…Bienvenu en enfer !

FREDERIC BENOIST, vainqueur de l’édition 2010 et recordman avec une marque à 406 km et qui tenait à garder son titre était l’homme à craindre tout comme Bernard Deniaud, spécialiste longue distance et vainqueur lui, de l’édition 2011.
Les 2 outsiders -nouveaux venus sur ce type d’épreuve de grand fond- Fabrice ROTA et Sébastien Confiant  comptaient bien en découdre avec les 2 cadors et marquer de leurs sueurs cette épreuve.

Mais la température extrême en cette période estivale et le parcours exigeant à souhait en ont décidé autrement.
Bernard Deniaud, épuisé par les nombreuses épreuves auxquelles il a participé depuis le printemps dernier a finalement posé « pied à terre » et n’a pu tenir le rythme sur 24h.
Sébastien Confiant, plus habitué aux courses rapides n’excédents pas les distances marathon (42 km) à subi un coup de chaud après le km 100 franchi en à peine 4h40 il est vrai. Malgré plusieurs arrêts et reprises, il restera incapable de maintenir un rythme régulier et ne tiendra pas la nuit, épuisé.
Fabrice Rota en revanche, fin gestionnaire avec un rythme inférieur à 18 km/h de moyenne, a parfaitement géré le passage de la canicule et a su aborder la nuit avec sérénité.
Quant au recordman de l’épreuve, Frederic Benoist, le manque flagrant d’entrainement l’a précipité tout comme Sébastien Confiant d’ailleurs dans un jeu de « stop and go » afin de minimiser les écarts.

Finalement, c’est Fabrice Rota qui s’est imposé avec une marque à 406,6 km (76 tours) soit 17 km/h de moyenne sur 24h.
Même si le record n’a pas été battu mais seulement égalé, la détermination de Fabrice Rota, sa parfaite gestion des arrêts (45’ pour l’arrêt le plus long !) et ses qualités athlétiques indéniables lui ont permis de « se » découvrir une nouvelle distance d’épanouissement.
Sébastien Confiant plus « lièvre que tortue » fini à la deuxième marche du podium avec 288.9 km (54 tours) parcourus et Frederic Benoist à la troisième place avec un kilométrage quasi égal. Bernard Deniaud, se contentant pour cette année de 246.1 km (46 tours).

Rendez vous pris l’année prochaine pour la revanche des titans ?

Le circuit:

Base du 2ème Régiment Etranger de Génie (2ème REG) situé à Saint Christol, sur le Plateau d’Albion. localisation

 

Championnats du Monde. St Wendel Allemagne

 

 

250 coureurs, 19 nations représentées. Les 2/3/4 août.
Mais c’est quoi ce problème que j’ai avec mes casques. Une fois sur deux je les oublies. Heureusement que j’ai toujours le plan B. Là j’étais persuadé d’avoir pris mon superbe casque intégral et non… bouh bouh hou.. Obligé de me rabattre sur  mon bon vieux casque de Dirt qui pèse une tonne.
1er jour : Sprint
« Jean Christophe ? ».
Je viens de terminer mon Sprint. Je suis en pleine recherche d’oxygène. Moins d’une  minute d’effort explosif à pousser, à s’en arracher les cuisses. J’ai l’impression qu’elles ont doublée de volume. J’ai la tête qui tourne. La bouche grande ouverte je remplis mes poumons au maximum et expire autant. Je ventile, je ventile. Il me faut rattraper le déficit en oxygène. Dans quelques minutes ça ira mieux je le sais, mais pour l’instant, je suis toujours à bloc. Légère envie de vomir mais j’ai eu pire, ça ira. Je suis accroupi au fond de la piste. Quelqu’un  me parle derrière moi. Je me retourne. Un gars me tend la main. « You are Jean-Christophe ? » « _yes » Je connais cette tête. Ce regard bleu clair aux reflets acier, ce sourire illuminé. Vous voyez le genre de mec comment dire … gentil! Celui qui ne ferait pas de mal à une mouche. Il s’excuse de te déranger pendant que tu récupères. Je connais cette tête. Je l’aie vue en photo mais en vrai il est bien plus jeune. « I’m Alpo Kuusipo ». Merde !! Je suis face au Dieu vivant de la trottinette !! La légende de notre sport. L’homme aux quatre poumons et deux cœurs. Celui qui trotte comme  il respire. Même les Finlandais le considèrent comme un cinglé, c’est dire… Et il est là tout penaud de me déranger.
C’est mon tour. Sur la ligne de départ, penché en avant, je viens de bloquer la fourche en position basse. Tout mon poids est sur l’avant. Les deux freins écrasés pour me maintenir en équilibre. PAN ! Je lâche tout et commence à pousser de toutes mes forces. J’entends Christophe Quiniou hurler derrière moi de sa grosse voix « Pousse, pousse, maintiens ton inertie !! » Le poids de ma machine est dément à pousser, j’ai la XH, mais une fois lancée, elle sera aussi plus lourde et tiendras plus longtemps qu’un poids plume. C’est un pari. Je débranche mon cerveaux et pousse comme un cinglé en prenant soin de bien monter mon genoux, bien pousser sur l’arrière, accélérer le mouvement des jambes, bref aller le plus vite possible. Je surgis du dernier virage épuisé, et passe la ligne dans un dernier effort : 55’’.263… Je gagne 1 centième par rapport à 2010 et avec quelques kilo de plus à pousser !!
Classé 106/209 à 26.57 de moyenne.

Départ du Sprint pour Manon
Manon après son tour de qualification se retrouve en finale ! Face à elle 3 hollandaises sur-entrainées. Croyant avoir fait un temps médiocre lors des qualifs, elle est retournée à la tente se reposer. Me voilà partir la chercher en courant « Manon, t’es en finale !! Vite c’est maintenant ! » « _Non, je ne veux pas !, j’ai aucunes chances» Négociation, palabre, Luc (notre champion) vient lui parler et la motive pour mettre au point une stratégie. Finalement, elle accepte. La tactique va être la suivante. Partir à la chasse de la troisième, (elles sont quatre en finale) et à mi parcours, en fonction de son écart et de sa forme, soit elle arrache un sprint final pour la battre, soit elle lâche tout, pas la peine de se faire mal la course étant perdue. C’est finalement la deuxième version qui sera mise en pratique. A la sortie du dernier virage, ayant trop de retard, elle mettra sagement en pratique nos recommandations et finira le « run » sagement. Evidement déçue par sa prestation elle restera néanmoins la seule « Non-Hollandaise » à avoir participé à la finale. Chapeau la gamine et vive la France!
La bécane est posée contre le mur. C’est une Kickbike Racer toute simple. D’origine. Les roues elles aussi sont d’origines. Seule concession à la recherche de performance, il n’y a pas de frein arrière. Le guidon a été remplacé par un modèle à l’anglaise genre « grand-mère » qui donne un air un rien surannée à l’ensemble. Elle est là toute seule. Elle tranche d’avec les modèles tout « Carbone » avec 2 roues de 700 à plusieurs centaines d’euros pièces. Des bécanes uniques faites sur mesure, qui pèsent un poids plume et font la fierté de leur propriétaires. Elles ont été conçues pour permettre à leur coureur de gagner. Débauche de technologie qui au final fait pâle figure face à la redoutable simplicité de cette machine posée nonchalamment contre le mur. Elle est à l’image de son propriétaire. Lumineuse de simplicité. Je me souviens de la phrase de Léonard de Vinci : « La simplicité est la sophistication extrême ». L’humilité à l’état pur. Alors messieurs. Posez vos engins qui valent une fortune, vos casques profilés et retournez à l’essence même de la course. Travaillez le moteur, pas la carrosserie. Arrêtez le « tunning ». Parce qu’une fois de plus on en revient toujours là. Il y a ceux qui compensent leurs faiblesses par une débauche technologique, ceux qui croient que la machine remplacera leurs cœurs, ceux qui se cachent derrière leurs casques profilés. Ceux qui ont besoin de reconnaissance et s’imaginent qu’on les prendra pour quelqu’un parce qu’ils ont une machine unique et un « look ». Mais au-dessus de tout çà, il y a la pureté. La simplicité. Un monde sans artifice. La machine n’est pas une fin en soi, c’est un outil banal. Et paradoxalement, c’est apparente banalité fait d’elle un modèle unique. Jalousée par toutes ses consœurs. Comment une bécane aussi simple peut-elle pulvériser toutes les concurrences ? Humilier des machines qui coûtent 10 fois plus chers ? C’est l’Opinel face aux couteaux de survie multifonctions à la Rambo. La pureté du son du crystal face à une symphonie de Wagner. D’ailleurs ça me rappelle l’anecdote des stylos mis au point pour les astronautes. Les Américains ont développés une technologie ahurissante pour mettre au point un stylo permettant de fonctionner dans l’espace. Le défi était de taille : Il fallait que la structure résiste aux pires traitements en matière de pression atmosphérique, l’encre devait arriver à la bille malgré l’absence d’apesanteur. Des mois d’études et des milliers de dollars pour arriver à mettre au point le stylo le plus évolué à nos jours. Chose que les russes possédaient déjà, puisqu’ils ont utilisé des crayons noir à papier …
2ème jour : Critérium 15Km

Je suis bougon ce matin. J’ai mal dormi. Je suis crevé, j’ai mal partout. J’ai le moral à zéro. La journée s’annonce mauvaise. Elle le sera. J’ai mal géré le critérium. Mauvais départ, mauvaise gestion de la course, mauvaise stratégie, mauvais choix de machine, le résultat est à la hauteur de l’ensemble. D’abord  je prends la XH qui pèse une tonne. Manon faisant la course juste avant moi et vu le nombre de côtes, je lui laisse la Racer. Je décide de partir en queue de peloton pour gérer la remontée des retardataires. C’est souvent mon petit jeu. Sauf que là, dès le départ, tout le monde part à bloc et je ne remonterai personne. Je me suis fait prendre à mon propre piège. La réalité te recadre. Elle te met une claque en te disant « Pour qui tu te prends petit bonhomme? ». Même pendant la côte de départ où pour m’économiser je cours plutôt que pousser, je me fais doubler. J’arrive au sommet quasi dernier. Derrière moi il reste une petite demi-douzaine de « trop-vieux-pour-pouvoir-pousser » dont je serais le chef pendant toute la course. J’ai beau me démener dans tous les sens, la machine est vraiment trop lourde dans les côtes, aucune inertie au niveau des roues, le frein touche légèrement ce qui me ralenti, bref une horreur. Je suis d’ailleurs tout seul la plupart du temps. Mes prédécesseurs sont loin devant, et mon poursuivant loin derrière. Et pourtant mon temps n’est pas si mauvais, 43’ pour 15 Kilomètres. C’est tout à fait correct pour moi vu la difficulté. Reste le parcours : Magnifique ! Il tourne autour d’un golf, bourré de petites côtes, de descentes de virages. Il serpente dans la forêt. Par endroits surgit un green où des golfeurs pratiquent leur sport, puis replonge dans les sous-bois. Le temps est magnifique. Il fait très beau, très chaud, mais la plupart du circuit se trouve à l’ombre des grands arbres. Un véritable plaisir.  On peut choisir ses trajectoires aux petits oignons. Mais à chaque descente correspond le mur à grimper qui suit. Je ne peux pratiquement rien pousser. Mon camion est trop lourd, trop haut. Et pourtant j’ai bloqué la fourche en position basse. Ca ne suffit pas. On peut trafiquer ce qu’on veut, mais une bécane de tout-terrain, c’est fait pour le tout-terrain !! J’en ai encore sous le pied et finit au sprint en évitant que mon poursuivant me rattrape. Petite satisfaction. Je termine  en 43’16’’ classé 118/124 en 15,766 de moyenne.

Arrivée du critérium.
Manon quant à elle doit effectuer la même course que les seniors. 5 tours. Elle ne se sent pas de la faire. Fatiguée de la veille, pas trop le moral « ca sert à quoi que j’y aille, je vais encore me faire battre !! ».  D’autant qu’ayant repérer le parcours avec elle, elle le trouve hyper dur. Je suis d’accord. Pour son niveau même en y allant cool, ca va être énorme. Je mets donc au point avec elle le plan suivant : A chaque passage, je la surveille, regarde son état. Je serai seul juge quant au fait de l’arrêter si je sens qu’elle va craquer. Elle me fait confiance et prend  donc le départ. Trois tours suffiront à l’achever. Dès le deuxième passage, je la vois serrer les dents, fatiguée, mais tenant bon. Tout au mental (comme son père ). Dès le troisième passage, je la vois en bout de ligne droite arriver dans un sale état. Je surgi sur la piste et la bloque. Elle est en larmes et veux continuer. Niet. Pas question. Je lui dis qu’elle n’est pas là pour se faire mal et que je décide de la fin de sa course. Pas question qu’elle insiste. Elle n’insistera pas d’ailleurs, elle est épuisée.
3ème jour : Marathon
J’ai une pêche énorme ce matin. Tout le contraire d’hier. C’est la journée du marathon et la dernière journée dans ce pays. Le temps est encore au beau fixe. Manon  ne faisant pas le marathon (ça suffit pour elle après ce qu’elle a vécue les deux derniers jours…), je prépare la Racer pour l’épreuve. Avec Christophe, nous partons le matin reconnaître le parcours. Nous sommes rejoints par Karel et Ivana. Plans en mains, en anglais, nous cherchons le parcours exact tous les quatre. Il s’agit d’un aller-retour sur une route, une côte d’une centaine de mètre à près de 15%, puis dans la foulée on la redescend de l’autre coté, puis passage dans un quartier résidentiel avec plusieurs virages en angles droit. Le tour fait 2,5 Km et il faudra le parcourir 18 fois ! Enfin, le premier fera les 18 tours. Les autres finiront leur tour dès qu’il aura franchit la ligne.

Le départ du Marathon.
Pour le départ, changement de stratégie. Je ne me mets pas en dernière ligne. C’est la guerre ! Dès le « READY ! », je me faufile dans la masse et grignote quelques places. Ce coup ci, je ne vais pas me faire avoir. PAN ! On démarre. Je me lance dans un gymkhana à travers les coureurs. Sur les 100 premiers mètres je fais comme avec ma moto dans les embouteillages de Montpellier. Slalom entre les véhicules. J’attaque ainsi le premier virage en milieu de peloton. Les plus rapides que moi me doubleront, tandis que ceux à mon niveau, ne me reprendront pas. C’est toujours ça de gagné. Après une série de gauches/droite dans les rues du quartier, nous sommes devant le mur. Tout le monde pousse à fond. Je me fais doubler par des fusées, je double certains (déjà ?) à l’agonie. Je surgis au sommet après une dernière poussée et plonge dans la pente allongé sur le guidon. Pas pour longtemps, car en bas, virage à gauche serré avec passage dans un caniveau. Il faut donc visser l’endroit où poser sa roue, parce virer à plus de 20 Km/h sur les pavés, on peut partir en vrille et ne rien rattraper… Ensuite, une ligne droite sur du bitume parfait. On peut envoyer du gros ou en profiter pour se reposer un court instant. Virage à 180° et retour sur la même route. La encore, on essaye de garder un rythme soutenu si possible. C’est dans cette portion aller/retour qu’on peut essayer de voir sa position. A l’aller, on croise ceux que l’on poursuit. Tour après tour, on repère l’endroit où l’on croise celui qu’on a choisit. A-t-on de l’avance ? Du retard ?

Au retour, on croise ceux qui vous poursuivre. Même question mais à l’envers. Est-ce que je maintiens mon avance ? Au fil des tours, on se fait doubler par les premiers. Le peloton de tête emmené par Alpo va me doubler 5 fois !! On finit par ne plus savoir si on reprend un tour à quelqu’un ou on le double simplement. Si celui qui vient de te doubler te prend un tour ou une place. J’ai deux cibles. Yannick devant moi à qui j’essai de prendre un tour et Karel  que je maintiens derrière moi. Pour le reste, la course vit sa vie. On double, se fait doubler. On choisit ses trajectoires la plus parfaite possible, parfois on ne peut pas quand le peloton arrive derrière. Ils hurlent, alors on se pousse et on leur laisse la place (politesse oblige). A la fin de l’aller-retour sur cette ligne droite, un gauche/droite en légère descente qui se négocie sans pousser. Tout en position de vitesse. Trajectoire serrée (quand on peut) et après une courte remontée (sur la vitesse acquise), on se remet à pousser pour franchir la ligne d’arrivée. Et on recommence. Pour mes ravitaillements, j’ai mis en place le même système qu’en Italie. Quand j’ai besoin d’eau je jette ma gourde à Manon  ou à Lou qui me la prépare pour le tour d’après. Le passage de la gourde se fait à la manière d’un relais. L’une ou l’autre m’attend dans la ligne de droite du départ et dès que je surgis elle se met à courir en tendant la gourde. Je l’attrape et repars. Zéro faute. J’ai une équipe d’enfer. Comme je le disais, Alpo m’a doublé plusieurs fois. Dont une dans la côte. Imaginez  vous dans une côte à 15%, pousser à fond. De toutes vos forces à 8/9 Km/h. Content parce qu’on double des gars qui poussent plus lentement que vous, ou qui ont mis pied à terre en totale perdition. Toi, tu sens tous tes muscles répondre. Ton cœur qui pompe parfaitement. Tes poumons sont au max. Ta machine biologique est au top. Et tu entends un TAP/TAP/TAP… c’est Alpo (et ses poursuivants…) qui arrive derrière toi. T’es presque au sommet, l’endroit où le mur s’accentue et lui te doublent droit comme un I en plein sprint à quasi 20 Km/h sans la moindre notion de souffrance sur son visage. Même le public s’arrête de crier et le regarde passer médusé. Je croise du regard Carole qui est là pour nous encourager, « Carole, comment il fait ? » Elle me regarde, hausse les épaules dans un geste d’impuissance et me lâche un « je ne sais pas… » .Désabusée.

Luc me double en m’encourageant dans la ligne droite. Il file à la poursuite du groupe de tête. Lui aussi me prend plusieurs tours. Je double Serge qui marche à coté de sa trot. « Qu’est ce qui y’a ? » « _j’ai crevé ! » Je ralentis. « Tu veux de quoi réparer ? » Sourire de sa part « Non tant pis, file ! ». Course terminée pour lui. Il assistera à mon passage Free-Style dans la descente. En effet, un moment d’inattention dû à la fatigue, je négocie mal je virage dans le caniveau en fin de descente et la bécane glisse de l’arrière. Je prends tout le virage en contre braquage, un pied sur la planche, l’autre en l’air dans une position d’équilibre instable, mais je ne tombe pas et repars le poing en l’air « YIIHAAAA !! ». Applaudissements de la foule massée là.
Au fil des tours la fatigue s’accentue. Je le vois lors de l’ascension de la côte. J’arriverai à la pousser à bloc jusqu’au dernier tour où je craque et pose les deux pieds à terre presque au sommet. Je marche les derniers mètres avant de plonger dans la descente. Je ne compte pas les tours. En fait, je ne sais pas du tout où j’en suis jusqu’ à ce que l’organisation  m’annonce qu’il reste 2 tours lors de mon passage sous l’arche gonflable de l’arrivée. Alpo me doublera lors de ce tour, qui du coup sera le dernier pour moi. Je termine en 1h30’41’’ classé 96/123. En 20,195 de moyenne pour 13 tours. Alpo fera premier en 1h28’ pour 18 tours… Il pousse tellement fort que sa machine décolle à chaque remontée de jambe. Il avance tel un kangourou en sautant. On n’avait jamais vu ça. Le Finlandais bondissant !
Après les épreuves allemandes je passe  81/150 au classement Eurocup soit (54) dans mon classement. Manon est 6/6 en Femme Junior et Lou 8/8 en pupille.
Conclusions :
Aucunes crampes. Est-ce dû à ma préparations spécifiques sur les jambes ou la durée insuffisante avant leurs déclenchements ? Je ne sais pas.
Malgré mon entraînement à la hauteur de ma réputation, je reste toujours dans mes temps de référence. Même mieux au sprint avec en plus une machine pas du tout prévue pour.

Un dernier mot concernant l’organisation. La coté « carré » des allemand est une pure fiction, un phantasme. On se demande comment des gens pareils on pu envahir l’Europe en 40. Ce fut un BORDEL sans nom : Pas assez à manger, rien à boire (vous y croyez à çà ? pas d’eau de disponible aux repas !!) des changements de parcours à la dernière minute, personne au courant de rien, une seule personne à l’accueil des 250 concurrents, incroyable… Par contre on comprend leur puissance économique : La moindre bouteille d’eau était payante. Pathétique …L’absolu contraire des Italiens qui eux urent une organisation quasi militaire !

La légende…
Demande de ravitaillement pour le prochain tour.